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L'organisation géomorphologique
du Languedoc-Roussillon et son climat principalement
méditerranéen, se traduisent par un régime
hydrologique très contrasté (crues violentes
d'automne et de printemps, sécheresse estivale)
et une grande sensibilité des différents
milieux aquatiques.
Couloir de communication et zone d'accueil
d'un flux migratoire (permanent mais aussi saisonnier)
fortement positif, la plaine littorale connaît
par ailleurs une propension à consommer toujours
plus d'espaces naturels pour les besoins conjugués
des voies de communication (projets de doublement de
l'autoroute A9, de ligne TGV, de transfert hydraulique
en direction de la Catalogne) et de l'urbanisation (principalement
l'habitat individuel et les réseaux), qui consomme
environ 30 km par an au détriment surtout des
espaces agricoles, souvent dans les zones périurbaines
sur des sols d'une valeur agronomique parfois élevée
avec tous les effets induits (carrières, lignes
électriques, traitement des déchets, imperméabilisation
des sols aggravant les inondations, etc.).
Ces caractéristiques physiques
et humaines induisent des enjeux environnementaux forts
et souvent spécifiques.
Le "Profil environnemental du Languedoc-Roussillon",
publié en 2001 par les services de l'État
concernés, recense, hiérarchise et territorialise
ces enjeux. Il décline les orientations stratégiques
correspondantes*.

(*) Ce document est disponible sur internet
(http://www.environnement.gouv.fr/Languedoc-Roussillon/profil/sommaire.htm)
Les enjeux principaux peuvent être
regroupés en deux domaines :
- L'eau
- La nature et les paysages
L'EAU
1 - la sécurité
de l'approvisionnement en eau
A l'exception notable du Rhône,
les cours d'eau du Languedoc-Roussillon sont caractérisés
par des régimes hydrologiques très irréguliers
et des débits d'étiages très faibles.
Cette situation a conduit au développement, au
cours des dernières décennies, d'importants
ouvrages de transfert (canal Philippe Lamour, adducteur
Orb etc.) et de stockage de la ressource (près
de 400 M m3 d'eau sur la région), afin de satisfaire
les besoins en eau potable (250 M m3/an) et d'irrigation
(270 M m3/an), principalement durant la période
estivale.
Sur le secteur littoral, où se
concentrent les principaux besoins, l'adéquation
ressources-besoins ne se pose pas en terme de ressources
mais plutôt en terme de sécurité
de l'approvisionnement, certaines grandes agglomérations
n'exploitant à ce jour qu'une seule ressource.
Par ailleurs, l'augmentation prévisible
des besoins impose d'optimiser la gestion des infrastructures
de stockage ou de transfert existantes et d'engager
une gestion raisonnée des systèmes aquifères
alluviaux ou profonds, actuellement exploités
sans véritable vision prospective globale.
Un effort doit également être consenti
pour mieux connaître et exploiter les importantes
ressources karstiques régionales, encore très
faiblement utilisées.
2 - la préservation de la qualité
de l'eau et des écosystèmes aquatiques
La situation peut être considérée
comme globalement satisfaisante même si environ
un quart du linéaire de cours d'eau du bassin-versant
méditerranéen de la région subit
une pollution nette, voire importante. Sur ces cours
d'eau, il convient particulièrement de souligner
les problèmes suivants qui nécessitent
une forte implication des acteurs locaux pour être
durablement traités :
- présence de secteurs très
dégradés en aval des principales agglomérations
(Lez aval, Canal de la Robine, Gardon d'Alès,
Vistre) et au droit des étangs littoraux (étangs
palavasiens, de l'Or) ;
l stagnation globale de la qualité (réduction
des points noirs mais perte de linéaire de
cours d'eau de très bonne qualité) ;
- dégradation physique et banalisation
de nombreux milieux aquatiques, liées à
diverses interventions humaines, parfois anciennes
(extractions de granulats, recalibrage, remblaiement
ou assèchement des zones humides etc.) ;
- apparition de pollutions diffuses
d'origine agricole sur certains aquifères superficiels
(nappe de la Vistrenque dans le Gard, nappe alluvionnaire
villafranchienne de Mauguio-Lunel dans l'Hérault,
nappe de Vixiège dans l'Aude) ou profonds (nappe
plioquaternaire du Roussillon dans les Pyrénées-Orientales),
qui constituent un enjeu fort en matière de
ressource en eau potable et dont il faut assurer la
gestion patrimoniale.
Au-delà de la nécessaire
poursuite des actions classiques de dépollution,
un important effort est donc à conduire sur les
nouvelles formes de pollution (eaux pluviales de ruissellement,
pollution par les toxiques et les nutriments, bactériologie)
et visant à la restauration physique des milieux
aquatiques dégradés.
3 - la réduction des risques d'inondation
Le Languedoc-Roussillon connaît
des crues violentes et rapides, en relation avec ses
caractéristiques géomorphologiques et
climatiques. La sécurité des personnes
et des biens est en cas d'inondation est un enjeu environnemental
majeur.
Ces crues provoquent des érosions
considérables sur les versants et les berges
(à titre d'exemples, la crue du Tech d'octobre
1940 aurait arraché et transporté près
de 10 millions de tonnes de matériaux).
Ces conditions, ainsi que la faible
pente des rivières en zone littorale où
se trouve concentré l'essentiel des activités,
déterminent des évènements catastrophiques
aux conséquences matérielles et humaines
très lourdes. (La seule crue de Nîmes en
octobre 1988 a fait près de 610 millions d'euros
de dégâts, plus récemment la crue
de 1999 dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales
a tué 35 personnes et occasionné 671 millions
d'euros de dommages sont 168 millions au seul domaine
public). Ainsi, depuis 1982, les inondations et les
effets exceptionnels dus aux précipitations ont
été la cause de 95 % des évènements
qui ont fait l'objet d'un arrêté déclarant
l'état de catastrophe naturelle (seules 6 % des
communes n'ont pas été touchées).
Cette situation s'est aggravée
dans les dernières décennies faute d'entretien
de nombreux cours d'eau et en raison d'une insuffisante
maîtrise de l'occupation des sols en zone inondable
: 20 % des communes et 9 % de la population régionale
sont concernées par un risque fort ou très
fort d'inondation.
Un travail considérable a été
entrepris, dans le cadre du plan décennal de
prévention des risques naturels décidé
en janvier 1994, pour développer la connaissance
des zones inondables et l'information préventive
du public, renforcer l'annonce des crues, maîtriser
l'urbanisation en zones à risques et entretenir
les rivières de la région (11 millions
d'euros de travaux en 1994 et 1995). Un important programme
de réalisation de travaux de protection des lieux
habités étudiés à l'échelle
des bassins-versants fait l'objet d'un volet financier
spécifique du Contrat
de Plan Etat-Région (CPER) et du Document
Unique de programmation (DOCUP) Objectif 2.
Le risque d'érosion et de submersion
marine est également présent sur une bonne
partie du littoral long de 220 km. Ainsi, depuis 1945,
260 hectares ont été gagnés par
la mer en Languedoc-Roussillon (hors remblais des stations
touristiques). Ce solde révèle des situations
contrastées selon la portion du littoral considérée
: l'érosion est la plus forte à l'embouchure
du Petit Rhône et sur le littoral de la Petite
Camargue.
De même, la côte sableuse
du Languedoc-Roussillon peut-être profondément
submergée par les eaux de la mer lors de situations
météorologiques particulières ou
de phénomènes tectoniques sous-marins
(l'événement le plus récent a eu
lieu en décembre 1997).
4 - la protection et la gestion des milieux lagunaires
littoraux
Ces milieux, largement façonnés
par l'homme et qui s'étendent sur près
de 40 000 ha, constituent un patrimoine écologique,
économique, paysager et culturel pour le Languedoc-Roussillon.
Les lagunes et les marais les bordant
constituent des secteurs de grand intérêt
environnemental (flore, avifaune, paysage) particulièrement
fragiles et souvent dégradés ("malaïgues"
liées à des crises dystrophiques, comblement,
assèchement, mise à francs-bords etc.).
Le maintien ou la restauration de la
fonction écologique de ces milieux lagunaires
littoraux constitue une priorité dans l'optique
d'un développement touristique durable de la
région et du maintien de son identité
littorale.
5 - le développement de la gestion locale
et concertée de l'eau
Les procédures de planification
locale, encadrées par les Schémas directeur
d'aménagement et de gestion des eaux, doivent
être encouragées afin de disposer d'un
cadre d'actions clair et cohérent à l'échelle
des hydrosystèmes concernés.
Des contrats de rivière, de baie
ou de nappe sont en cours (Tech, Orb, étang de
Thau, nappe de l'Astien, étang de Salses-Leucate),
en phase d'élaboration (étang de l'Or,
Gardons) ou d'émergence (Complexe des étangs
de Bages-Sigean).
Un Schéma d'aménagement
et de gestion des eaux est en cours (Petite Camargue
gardoise, Gardons). D'autres sont en phase d'élaboration
(Basses plaines de l'Aude, Hérault, Lez Mosson
Etangs Palavasiens, Agly, Tarn amont, Lot amont) ou
en phase d'émergence (Aude amont, ) tandis que
la rivière Vistre et la nappe de la Vistrenque
font l'objet de démarches globales de gestion
menées par des syndicats mixtes.
La gestion parcimonieuse et raisonnée
des ressources et des milieux suppose par ailleurs le
développement de structures de gestion intercommunales
autour de l'eau notamment sur les grands bassins encore
peu couverts (Hérault, Orb, Vistre, Tech, étangs
littoraux, nappes d'eau souterraine) afin d'assurer
une vision globale à la bonne échelle,
une concertation entre les acteurs et de permettre la
prise en charge de l'aménagement et de l'entretien
des milieux aquatiques concernés.
LA NATURE ET LES PAYSAGES
Le patrimoine naturel du Languedoc-Roussillon
est un des plus riches et variés parmi les régions
métropolitaines.
- 896 zones d'intérêt
écologique, faunistique et floristique (couvrant
47 % de la superficie de la région) et 23 zones
importantes pour la conservation des oiseaux sauvages
(couvrant 22 % du territoire régional) sont
inventoriées. Ces proportions sont les plus
importantes parmi les régions métropolitaines.
Une augmentation des efforts pour la conservation
des espèces faunistiques et floristiques rares
ou menacées est nécessaire.
- Les 104 zones de l'inventaire des
milieux naturels d'importance communautaire (soit
29 % de la région) abritent plus d'un quart
des habitats naturels européens dont la préservation
est considérée comme prioritaire par
l'annexe I de la Directive européenne de 1992.
- La forêt, qui s'étend
sur 34 % du territoire, poursuit son extension, à
un rythme annuel d'environ 1 %, plus en raison des
accrus naturels que du boisement volontaire.
Grâce à l'existence du
Parc National des Cévennes (dont la zone centrale
s'étend sur 918 km2, soit 3,3 % de la superficie
régionale ), les espaces naturels protégés
(15 réserves naturelles, 11 réserves naturelles
volontaires, 19 arrêtés de protection des
biotopes) représentent environ 4 % de la superficie
régionale, un ratio bien supérieur à
la moyenne française. La superposition des milieux
naturels remarquables et des espaces protégés
révèle une assez bonne convergence : une
proportion faible, mais significative, du patrimoine
naturel régional est protégée.
Le Conservatoire du littoral possède
environ 7 000 hectares, soit environ 10 % du linéaire
côtier.
Le Languedoc-Roussillon doit aussi assurer
le maintien et la préservation des 550 espaces
protégés dont 128 sites classés.
Ces milieux, qui représentent
le quart de la surface des espaces protégés
en France, constituent une part essentielle de la richesse,
de la diversité du patrimoine naturel et des
paysages et donc de l'attractivité du Languedoc-Roussillon.
Il convient donc de freiner la régression de
la biodiversité, de préserver les milieux
naturels patrimoniaux de l'artificialisation et de gérer
et valoriser les paysages y compris en zone urbaine
et périurbaine.
Quelques grandes entités paysagères
emblématiques du Languedoc-Roussillon font déjà
l'objet d'une protection : Gorges du Gardon, massif
dunaire de l'Espiguette, cirque de Navacelles, étangs
montpelliérains, massif de la Gardiole, Gorges
de l'Hérault, Canal du Midi, massif du Caroux,
massif de la Clape, sites littoraux de la côte
rocheuse, massif du Canigou, massif du Carlit, et plus
récemment Gorges du Tarn. De plus, l'Etat s'est
engagé dans une démarche de protection
:
- au titre des sites classés
: des Basses-Plaines de l'Aude, de l'arrière-pays
de Banyuls-sur-Mer.
- au titre des réserves naturelles
: du Val de Galbe dans le Massif du Carlit et du réseau
des grottes de la bande calcaire audoise et héraultaise
dont la qualité des concrétions est
d'intérêt européen.
Enfin, la pression des principales agglomérations
(Montpellier, Narbonne et Perpignan) et des projets
de certaines stations touristiques amène l'Etat
à veiller aussi sur les grands espaces régionaux
et interrégionaux particulièrement menacés
par l'urbanisation : le triangle sud de Montpellier,
le Gard rhodanien dans le triangle Nîmes-Avignon-Arles,
la Petite Camargue, les Pays et Etangs du Narbonnais,
la Côte rocheuse du Roussillon.

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