Le Languedoc-Roussillon
est la 3ème région française pour la densité de
la population de la Recherche (12,8 chercheurs
pour 10 000 habitants). La dépense en faveur du
financement public de la recherche correspond à 12,1
% du Produit Intérieur Brut régional ce qui place
le Languedoc-Roussillon au 2ème rang national après
la région Midi-Pyrénées et avant la région Ile-de-France.
9 organismes de Recherche
Publique agissent ensemble et représentent 8 %
du potentiel national. Certains sont des EPST (Etablissement
Public à caractère Scientifique et Technique) comme
le CNRS, l'INRA, l'IRD, l'INSERM et le CEMAGREF
: ils ont pour mission principale l'approfondissement
des connaissances. D'autres sont des EPIC (Etablissement
Public à caractère Industriel et Commercial) comme
le CEA, le CIRAD, l'IFREMER et le BRGM ; ils ont
pour fonction d'assumer des responsabilités d'action,
de suivi et de veille dans des domaines particuliers
: l'énergie atomique (protection, sécurité), l'agronomie
(culture, élevage), l'exploitation de la mer (écologie
des ressources, conchyliculture .).
Ces organismes de
Recherche emploient environ 5 000 personnes en
Languedoc-Roussillon, dans plus de 200 laboratoires
(160 000 m2) dont 100 sont associés aux quatre
universités, aux grandes écoles et aux entreprises.
Le poids économique
de la Science en Languedoc-Roussillon s'établit à 2,6
milliards de francs (5 milliards avec l'enseignement
supérieur). 80 % de ce potentiel est à Montpellier
; aussi, près de 10 % du bassin de vie de cette
ville relèvent, à un degré ou à un autre, du système
d'enseignement supérieur et de recherche.
En
Languedoc-Roussillon, un champ d'excellence bien
connu concerne l'Agronomie et l'Alimentation ainsi
que les Recherches pour le développement qui regroupent
respectivement 15 et 40 % du potentiel national
et accueillent trois organismes de recherche internationaux.
Ces secteurs disposent
de compétences incontestées dans le domaine végétal
: génétique et amélioration des plantes, agrobio-industries,
productions fruitières et horticoles, en partenariat
avec les secteurs professionnels régionaux viticoles,
maraîchers et céréaliers, et également, dans le
domaine des cultures tropicales.
La Recherche en agriculture
et en agro-alimentaire, en croissance constante,
est une activité indispensable au développement économique
et à l'aménagement harmonieux du Languedoc-Roussillon.
Autour du thème de l'Agronomie, Agropolis fédère
les organismes concernés.
Le
secteur des Sciences de la Vie et notamment celui
de la Santé, est particulièrement développé avec
la Médecine, la Pharmacie (et les CHU de Montpellier,
de Nîmes). Ce secteur est fortement soutenu par
le CNRS et par l'INSERM, dans les domaines de la
génétique (de l'identification de gènes, de l'analyse
structurale de leurs produits et de l'étude de
leur fonctionnalité), de la biologie cellulaire,
des relations entre les organismes et leur environnement.
Aux interfaces entre
ces disciplines, les bio-technologies et les bio-matériaux
font partie des axes stratégiques de la recherche
régionale et constituent un support indispensable à la
création et au développement d'entreprises de technologies
innovantes.
La
Chimie constitue un pôle très présent sur le plan
industriel en Languedoc-Roussillon,
elle s'appuie sur des laboratoires de grande valeur
aussi bien dans le domaine des matériaux inorganiques,
des membranes, des précurseurs organo-métalliques,
des matériaux polymères qu'en chimie thérapeutique.
D'autres
secteurs comme la Physique, les Sciences pour l'Ingénieur
et les Sciences pour l'Univers, sont en plein développement,
de l'amont jusque vers les systèmes expérimentaux
appliqués à des problèmes très concrets : la matière
condensée, les verres, le génie des procédés et
des matériaux, les membranes, les circuits et composants électroniques,
les systèmes informatiques automatiques et électroniques,
l'informatique.
Le domaine interdisciplinaire
couvrant les recherches sur l'eau et l'environnement
durable connaît un développement important et devrait
se structurer au niveau interrégional au cours
des prochaines années.
Le CEA a constitué un
pôle de production et développé un domaine de recherche
sur l'aval du cycle du combustible nucléaire :
le retraitement des combustibles irradiés, le traitement
des déchets radioactifs, mais aussi récemment dans
le domaine des sciences du vivant avec la délocalisation
sur le Languedoc-Roussillon du service de biochimie
et de toxicologie nucléaire.
Couvrant une partie
de l'arc méditerranéen, la région Languedoc-Roussillon
a structuré un secteur de recherche essentiel :
pêche et aquaculture, qui est dans une phase de
croissance active.
Enfin,
les compétences régionales en Sciences de l'Homme
et de la Société sont tournées
vers la préhistoire, l'archéologie, l'histoire
militaire, la littérature élisabéthaine, le droit
de l'immatériel, la géographie et la linguistique.
Sont en plein développement les recherches en économie
et en socio-économie, principalement dans les domaines
de la production, de la consommation et des échanges
agricoles et agro-industriels.
Au-delà de Montpellier,
grâce à l'effet progressivement structurant de
la recherche publique sur l'aménagement de la région,
des laboratoires de recherche importants, par leurs
domaines d'activité et par leurs effectifs statutaires,
sont présents dans plusieurs communes de la région
: de Marcoule à Odeillo, en passant par Alès, Sète,
Gruissan, Perpignan, Banyuls.
Le département du
Gard compte deux écoles d'ingénieurs, l'Ecole des
Mines d'ALES (EMA) et l'Ecole pour les Etudes et
la Recherche en Informatique et en Electronique
(EERIE) ; leur potentiel de recherche est d'excellente
qualité : informatique, génie industriel, matériaux
de grande diffusion, traitement des nuisances industrielles.
L'autre département
en expansion est les Pyrénées-Orientales avec 4
sites scientifiques importants dont la capitale
Perpignan, mais également à Banyuls dans les Sciences
de l'Univers avec l'océanologie, à Odeillo (le
puissant "Four Solaire" (1 000 kW) est une des
installations scientifiques les plus connues du
monde) et à Tautavel, lieu d'implantation d'un
centre de recherche préhistorique et d'un musée.
Enfin, dans le département
de l'Aude, l'INRA, associé à l'ENSAM, développe
deux centres de transfert, l'un à Narbonne, associé au
laboratoire de biotechnologie de l'environnement
(pour valoriser et dépolluer les résidus agricoles
et industriels) et l'autre à Gruissan (station
expérimentale d'½nologie et technologie végétale).
Signalons aussi,
l'existence de quatre laboratoires européens associés
(LEA) unissant le CNRS à son homologue espagnol
le Consejo Supérior de Investigaciones Cientificas
(CSIC). La recherche publique est donc un atout
stratégique et attractif de la région ; sa croissance
est régulière : 600 emplois directs ont été créés
en 5 ans, soit 120 "agents de la science" qui viennent,
chaque année, renforcer les secteurs existants
et/ou développer de nouveaux axes porteurs. Le
développement du secteur de la recherche génomique
(humaine et végétale) devrait entraîner de nouvelles
embauches.
Cependant, le poids
scientifique, réel, de la Recherche Publique en
Languedoc-Roussillon (en nombre d'agents, en budgets,
en renommée européenne et internationale) contraste
avec la faiblesse économique et industrielle. Seuls
10 % des contrats avec les organismes de recherche
publique le sont avec des PME/PMI.
La région doit maintenir "son
bon rang" sur le plan scientifique ; elle doit
optimiser l'organisation et le fonctionnement de
son dispositif de transferts de technologies, et également
contribuer à la formation par la Recherche en partenariat
avec le tissu régional des PME/PMI, ainsi qu'à la
création d'entreprises de technologies innovantes
en interaction forte avec le potentiel régional
de la Recherche Publique.
Les conditions du
succès dépendent des choix et des investissements
réalisés en concertation entre l'Etat et la Région.
Le contrat de plan Etat-Région (CPER)
1994-1999 a consolidé la croissance de la Recherche
Publique en affichant des lignes directives lisibles
et incitatrices :
- le rapprochement avec la recherche
universitaire,
- le rapprochement de plusieurs
organismes (et/ou institutions) sur un même projet,
- la mise en ½uvre d'une politique
de "campus" sur l'agglomération montpelliéraine,
- le renforcement de "sites", dans
les quatre autres départements de la région,
et la mise en place d'articulations universitaires.
Le schéma U3M a
approfondi ces grands principes pour les années à venir.
Il prévoit trois
grandes actions :
1 - Affirmer les
performances et la compétitivité de la Recherche
dans les champs spécifiques stratégiques du Languedoc-Roussillon.
S'agissant de son contenu, il consiste
pour l'essentiel :
- à accroître les capacités en
infrastructures immobilières : projets structurants
de Recherche,
- à apporter un soutien au développement
scientifique par l'acquisition d'équipements
lourds de plateaux techniques de Recherche.
Dans l'Hérault, les
opérations à réaliser sont les suivantes :
- Génome, après génome, santé :
- l'Institut Universitaire de Génomique
fonctionnelle.
- l'Institut de Biotechnologie-Pharmacologie.
- la réhabilitation du Centre de
Recherche en Biochimie Structurale.
- l'Institut Régional des Biothérapies.
- Science de la matière et des systèmes
:
- le campus des Sciences pour l'Ingénieur
(S.P.I.) : Pôle STISS.
- Pôle Chimie : Institut Gerhardt.
- l'Institut Européen des membranes
: UM2/CNRS (2ème phase).
- Génomique végétale, agronomie
et développement durable :
- le Centre de Biologie et de Gestion
des populations (lutte biologique 2ème tranche à Baillarguet)
: CIRAD, IRD, INRA.
- la plate-forme biotechnologique
végétale (génoplante) : CIRAD, IRD, INRA, ENSAM).
Dans les Pyrénées-Orientales
:
- Génomique végétale :
- laboratoire de Physiologie et
Biologie Moléculaire (génoplante) à Perpignan.
2
- Favoriser l'accès des différents secteurs économiques à la
technologie :
Les entreprises
régionales, pour l'essentiel des PME/PMI doivent
pouvoir accéder facilement aux technologies disponibles
et aux compétences nécessaires pour innover et
développer de "nouveaux produits". Aussi, les actions
sont de plusieurs types :
2.1. - Le
soutien au fonctionnement :
- des huit pôles de transferts
de technologie et de leurs programmes de recherche
:
Hérault
TRIAL : Transfert/Innovation en
agro-alimentaire
VERSEAU : gestion
de la filière de l'eau, de sa qualité
PRODUCTIQUE : Services
aux entreprises et recherche : appareils de mesures,
machines spéciales .
PROMETEE/MEMBRANES
: Applications industrielles des membranes en
agro-alimentaire, en chimie, pour la filtration
d'air et le traitement des déchets solides, liquides
et gazeux.
TECHNOLOGIES de
SANTE : Dispositifs médicaux, protéines recombinantes,
biothérapies, .
TIIM : Technologie
de l'information, informatique et multimédia,
intelligence artificielle et informatique avancée
; logiciels, pro-logiciels, télé-média, .
POLE CONSTRUCTION : technologies
de la construction.
Pyrénées Orientales
CARNOT/Energie-environnement
: Systèmes et procédés énergétiques : gestion
optmisée des énergies, conception de nouveaux
matériaux .
- des sept Cellules Locales d'Animation
de la Technologie ou CLAT.
Le Languedoc-Roussillon
dispose de sept CLAT (Cellules locales d'appui
technologique) couvrant la totalité de la région,
organisées sans recoupement géographique. L'un
des rôles essentiels des CLAT est de prospecter
le tissu industriel local afin de détecter les
besoins et de transmettre ceux de niveaux II
et III aux spécialistes concernés, et en particulier
aux 8 pôles spécialisés. Les CLAT doivent se
transformer à terme en véritables plates-formes
technologiques à la disposition des entreprises.
2.2
- Le soutien aux transferts
de technologie eux-mêmes par des investissements
immatériels.
2.3
- L'aide à la formation
avec les entreprises pour accompagner l'innovation,
le développement et faciliter l'embauche des
jeunes diplômés, citons :
- les conventions
de recherche pour techniciens supérieurs (CORTECHS).
- les diplômes de recherche technologique (DRT).
- les bourses post-doctorales. - les stages longue
durée. Ces conventions couvrent l'échelle du
Bac + 2 à Bac + 8, elles sont maintenant gérées
par l'ANVAR.
2.4
- Aide à la création d'entreprises
de Technologies innovantes : En 1999, la participation
de la région Languedoc-Roussillon au Concours
National a été couronnée par 2 des 5 prix nationaux
; elle a permis de soutenir 3 créations d'entreprises
et de financer des études d'émergence de projets
novateurs. En 2000, un nouvel appel d'offre a été lancé,
97 propositions ont été enregistrées et 19 lauréats
retenus par le jury national, le pris national "jeune
diplomé" allant à un jeune chercheur de la région.
3
- Développer l'accès à la culture scientifique
et technique (CST).
Dans le cadre du
Contrat de Plan Etat-Région, les principaux axes
d'intervention concernent le soutien :
- aux actions des Centres de Culture
Scientifique, Technique et Industrielle,
- aux actions d'animation du grand
public et des jeunes.
L'Etat a soutenu
l'activité muséographique et documentaire engagée
notamment avec Agropolis Muséum à Montpellier et
les "exposciences" EINSTEIN de Carcassonne, Nîmes.
Par ailleurs, les
aides apportées ont concerné des opérations en
Cerdagne, à Carcassonne, Mèze, Tautavel, Olargues,
Montpellier, Nîmes ; elles seront poursuivies au
cours du nouveau contrat de plan.