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En Languedoc-Roussillon, le tourisme
est devenu l'un des points forts de l'économie
régionale. Son développement a fortement
marqué le paysage côtier grâce à
la mise en place, en 1963, d'une mission d'aménagement
du littoral (Mission Racine). Dans l'arrière-pays,
une organisation plus diffuse a vu le jour, n'excluant
pas l'existence de pôles touristiques forts coexistant
avec une politique de protection très poussée.
Parcs, réserves naturelles et terrains du Conservatoire
du Littoral couvrent un total d'environ 300 000 hectares.
LES CARACTERISTIQUES DE L'OFFRE TOURISTIQUE DU LANGUEDOC-ROUSSILLON
Une réserve d'espace pour
l'Europe
L'image, qui s'est imposée, d'un
littoral bétonné en divers points, ne
peut faire oublier que 60 % des espaces restent vierges.
Les nombreuses lagunes, dont la superficie totale atteint
près de 40 000 hectares, constituent une réserve
d'espaces naturels particulièrement importante.
La nature y est encore relativement bien protégée
(actions de protection mises en place dès la
création de la Mission, acquisitions du Conservatoire
du Littoral).
Dans l'arrière-pays, où
la densité moyenne peut descendre jusqu'à
12 hab/km2 comme en Lozère, les espaces sont
aussi variés que pittoresques (Gorges du Tarn,
Aubrac, Cévennes, etc...). Deux parcs naturels,
le Parc Régional du Haut-Languedoc et le Parc
National des Cévennes, y consacrent le développement
d'une politique de protection.
Un patrimoine historique et architectural
exceptionnel
La région possède la plus
grande superficie de sites classés de France
avec six pôles de notoriété internationale
: la préhistoire (Tautavel, Cambon et les Bondons)
; le patrimoine gallo-romain avec la Via Domitia, Nîmes,
Narbonne et le Pont du Gard ; le patrimoine médiéval
dans sa dimension cistercienne (grandes abbayes de Vallemagne,
Fontfroide, etc...) dans sa dimension militaire avec
Carcassonne et Salses et dans sa dimension "militaro-religieuse"
(les sites cathares). Le patrimoine classique est bien
représenté par le Canal du Midi, Pézenas,
Uzès, Montpellier, Beaucaire. Le patrimoine du
XIXème siècle l'est également par
"l'architecture viticole" et le XXème
par l'architecture moderne de Montpellier ou des stations
du littoral.
Les équipements d'hébergement
Selon l'INSEE, avec près de 2
000 000 de lits, le Languedoc-Roussillon se positionne
comme la troisième région touristique
de France et se caractérise par quelques records
:
- Agde : 1ère station touristique
de France en nombre de lits (150 000).
- Port-Camargue : 1er port de plaisance
d'Europe en nombre d'anneaux (4 350 anneaux sur 20
600 répartis sur 24 ports de plaisance).
- Première région de
France en nombre d'emplacements de camping-caravaning
(hôtellerie de plein air : 336 300 lits).
- Première région de
France pour le taux de résidences secondaires.
Par ailleurs, la physionomie de l'offre reste marquée
par :
- L'insuffisance relative du parc
marchand (470 000 lits soit 27 % de la capacité
d'hébergement).
- Les difficultés de l'hôtellerie
traditionnelle.
- L'évolution de l'hôtellerie
de plein-air vers l'habitat léger de loisirs
et les services complémentaires.
- L'émergence, dans l'arrière-pays,
d'équipements de qualité en matière
de tourisme rural.
- La nécessité de préparer
le littoral aux évolutions en cours.
LA STRUCTURE DE LA DEMANDE ET SON EVOLUTION
L'ampleur de la demande et ses
structures
Analysée en 2000, on estime que
la fréquentation touristique s'est élevée
à 104 millions de nuitées dont 61 % en
juillet et août. La fréquentation étrangère
constitue à peu près le quart de la fréquentation
dite marchande ; les Néerlandais et les Allemands
représentant l'essentiel du flux. En terme d'évolution,
la conjoncture qui, comme ailleurs, a marqué
le pas des années durant, se caractérise
depuis cinq ans par une expansion continue. Elle se
conjugue à des taux exceptionnels de croissance
démographique préférentiellement
localisés sur la côte et autour des villes.
L'adéquation de l'offre
à la demande
L'essentiel des équipements a
été conçu pour le tourisme estival
alors qu'apparaissent les signes d'un "éclatement"
progressif de la saison et qu'une demande de tourisme
vert semble se préciser.
Ce constat, qui n'a échappé
ni aux institutionnels, ni aux professionnels, ni aux
services de l'Etat, a provoqué quatre types de
démarche :
- La mise en oeuvre d'un schéma
régional de développement touristique
Elaboré par le Comité
Régional de Tourisme avec l'appui financier
de l'Etat, ce schéma propose une politique
de développement tenant compte de la diversité
régionale. Il met l'accent sur cinq types de
préconisations concernant :
- Le tourisme littoral.
- Le tourisme montagne.
- Le tourisme urbain.
- Le tourisme thermal.
- Le tourisme en espace rural.
... ainsi qu'une réflexion
horizontale concernant l'ensemble de ces données
accompagnée d'une stratégie de communication
et de commercialisation de la production.
Le Premier Ministre a chargé
René Couveinhes, Député de l'Hérault,
d'une mission de réflexion sur l'avenir du
tourisme en Languedoc-Roussillon. Remis le 13 janvier
1995, ce rapport, qui n'est qu'un rapport d'étape,
a mis l'accent sur plusieurs nécessités
:
Prenant le relais des deux réflexions
précédentes à caractère
global, les départements ont mis en place,
avec l'aide des Services de l'Etat, des schémas
départementaux qui constituent une déclinaison
des deux schémas précédents.
A l'heure actuelle, les schémas des départements
ont été adoptés par les cinq
assemblées départementales. Le schéma
du département de l'Hérault, en cours
de remodelage, inclut une réflexion poussée
sur la revalorisation du littoral.
Conformément aux préconisations
des études précédemment engagées,
une mission interministérielle d'aménagement
du littoral Languedoc-Roussillon, placée sous
l'autorité du Préfet, vient d'être
créée pour la période 2001-2006
(CIADT du 9 juillet 2001).
Cette mission a pour but d'harmoniser
la politique de l'Etat sur le littoral en vue de favoriser
son développement équilibré.
Dans le domaine touristique, il porte sur "la
requalification des stations du bord de mer et le
développement d'une offre touristique de niveau
international en liaison avec l'arrière-pays".
A l'heure actuelle, les analyses préalables
aux opérations de modernisation proprement
dites sont en cours.
En termes financiers, ce projet s'inscrit
notamment dans une ligne spécifique "littoral"
du Contrat de Plan ainsi que dans une ligne appropriée
de l'Objectif 2 du FEDER propre aux communes éligibles
de la côte orientale.
RETOMBEES ECONOMIQUES ET PERSPECTIVES D'AVENIR
Les retombées économiques
Après avoir connu un certain
tassement, la fréquentation touristique connaît
une progression constante. Calculée en nombre
de nuitées selon la méthode "Marchand",
on observe en effet la progression suivante :
| dont |
1996-1997 |
+ 5 %
|
| |
1997-1998 |
+ 3%
|
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1998-1999 |
+ 4%
|
| |
1999-2000 |
+ 2 %
|
| |
2000-2001 |
+ 3 %
|
Le développement touristique
pèse à son tour sur l'organisation et
l'évolution de l'emploi. Une étude financée
par le Secrétariat d'Etat au Tourisme dans le
cadre d'une convention avec l'Observatoire économique
du tourisme régional (m.o. INSEE) d'avril 2001
permet d'estimer que le tourisme génèrerait
47 000 à 55 000 emplois, non compris toutefois
un certain nombre d'emplois induits en particulier dans
le secteur du bâtiment.
Calculé en 2000 à partir
de l'enquête clientèle "EUREMA"
(C.R.T.-D.R.T.), le volume moyen des dépenses
liées à la consommation était estimé
entre 30 et 32 milliards de francs, ce qui représente
un peu plus de 10 % du PRB.
Par ailleurs, un grand nombre de conséquences
indirectes consécutives au développement
touristique ne sont pas quantifiables. Le tourisme est
générateur d'effets de tropisme qui se
répercutent sur le comportement migratoire, lequel
alimente (en Languedoc-Roussillon) la croissance démographique
la plus élevée de France, notamment autour
du pôle de Montpellier.
Les perspectives d'avenir
Inscrite dans le nouveau Contrat de
Plan et l'Objectif 2 du FEDER, une politique de grands
travaux, comme l'achèvement de l'A.75 et la mise
en place d'une liaison rapide par TGV entre Lyon et
Barcelone, semble de nature à peser sur le développement
du tourisme régional, tant sur le littoral que
dans l'arrière-pays, à condition d'améliorer
la qualité et la diversité de l'offre,
la nature des prestations et la sécurité
des touristes.
Dans les années à venir,
la restructuration et la diversification de l'offre
sous-tendue par une analyse fine des évolutions
de la demande porteront sur :
- l'intégration harmonieuse
du développement touristique au développement
urbain
- une meilleure prise en compte du
tourisme de proximité
- la modernisation des stations du
littoral et de leur espace lacustre
- l'expansion du tourisme rural focalisée
sur des pôles
- le soutien aux vacances "pour
tous"
- un soutien accru aux dispositifs
modernes de commercialisation ainsi qu'à la
professionnalisation des acteurs.

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